En 1411, Antoine Isnard, maître rational à la Chambre des Comptes, fait construire une tour de bastide dans le terroir de Puyricard, de forme d’un parallélépipède de 5 mètres de large pour 10 mètres de long. Haut de 10 mètres, il comporte une base traitée en glacis et s’achève par une couronne crénelée. Le 9 septembre 1454, une convention passée par les Conseillers de Puyricard ordonne la réfection de la route royale (aujourd’hui RD7n), dont une portion est contigüe au domaine de la famille Isnard. Pour parer à la nature marécageuse du lieu, liée à la présence de la Touloubre, fleuve côtier qui déborde régulièrement, on décide alors de construire un pont mais également de « calader », c’est-à-dire de paver en galets les accès de l’ouvrage.
Le nom de la Calade est ainsi appliqué aux environs et va par la suite qualifier le château proche et la famille qui le possédera.
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Château de la Calade.
En 1539, après plusieurs changements de mains, le domaine est acquis par François d’Escalis, docteur en droit et baron de Bras. Il restera près de 93 ans dans sa famille. En 1632, Louise de Guiran, veuve de Pierre d’Escalis vend le domaine à son gendre Hiérôme Duranti, conseiller à la cour des comptes, aides et finances de Provence. Rapidement, le juriste décide de transformer la bastide primitive en agréable demeure à habiter lors des chaleurs estivales, ou pour fuir Aix lors des épidémies qui continuent à faire des ravages dans la région.
Entre 1633 et 1653, le château actuel est donc construit, adoptant une architecture militaire et austère.
Une fois achevé, c’est une sorte de quadrilatère à deux étages, flanqué aux angles de quatre tours circulaires dominantes, marques du caractère seigneurial du lieu.
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Château de la Calade.
Lorsque survient la Révolution, le château possède encore ses quatre tours « dominantes », élément distinctif de son caractère seigneurial. Après la chute de la monarchie et la proclamation de la République, une telle marque pouvait apparaître comme dangereuse pour son propriétaire. Ainsi, dès 1792, Claude-Jean-Baptiste de Duranti la Calade choisit de faire démolir les deux tours du côté terrasse et de rabaisser les deux autres à leur niveau actuel. Durant cette période troublée, le reste de la famille s’exile à Naples.
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Château de la Calade.
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le parc prend sa forme actuelle. Il est planté de platanes, agrémenté d’un bosquet et de deux bassins d’agrément. À partir de 1901, Jérôme de Duranti la Calade entreprend des interventions majeures pour assurer la pérennité du bâtiment : réfection des toitures, reprise des enduits, remise en état des menuiseries et des intérieurs.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le château est réquisitionné successivement par les trois armées, en particulier par celle du Reich en 1943. Les dernières grandes modifications apportées au domaine interviennent dans les années 1950, réalisées par Georges Richard époux de Monique de Duranti la Calade (dernière à porter le nom de famille).
Le château est finalement inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en décembre 1975 et classé en 2015.
La propriété est aujourd’hui détenue par la seizième génération de descendants directs.
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Château de la Calade.
Blason des Duranti. C'est un cerisier à 5 branches qui représentent celles de la famille du début, le tout surmonté d'une étoile et d'une couronne de marquis. L’escalier d’honneur ainsi qu’une grande salle au rez-de-chaussée sont décorés de gypseries (plâtre sculpté) aux très riches ornements.
Les motifs sont variés, représentant les armes du commanditaire, des cartouches décoratifs aux scènes figurées, des trophées, des paquets de fruits et des fleurs.
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Château de la Calade.
La chapelle, qui est maintenant le lieu d'habitation du propriétaire.
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Château de la Calade.
La chapelle.
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Château de la Calade.
La chapelle.
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Château de la Calade.
Le fruit est la valeur de l'obliquité de la face extérieure d'un mur. À la base d'une tour ou d'un mur, le fruit permet, selon sa valeur, d'une part de donner à un objet lancé des mâchicoulis, un rebond favorable à l'écrasement des ennemis en approche sous les murs, et d'autre part d'accroitre les efforts à déployer pour les opérations de sape. Cette obliquité permet aussi de réduire les infiltrations d'eau par capillarité, ce qui réduit la désagrégation de la pierre par la formation de salpêtre. Un glacis, avec une inclinaison moyenne à faible, a un fruit important. Au niveau du glacis se trouve aujourd'hui une cave. Il reste deux fenêtres à meneaux. À l’aube du XVIIIe siècle, la famille Duranti la Calade crée des chambres, salons et boudoirs au premier étage du château. Des pièces aux dimensions intimistes, ornées de gypseries légères dans le goût rocaille.
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Château de la Calade.
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Château de la Calade.
En 1809, lde retour de Naples, es Duranti font alors aménager un salon et une chambre au premier étage du bâtiment, dans lesquels s’affirme le style Empire. Le salon est décoré d’un papier peint panoramique de la manufacture Joseph Dufour, sur le thème des « Jardins de Bagatelle » ou « Jardin anglais » tandis que les murs de la chambre arborent un trompe-l’œil de draperies polychrome.
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Château de la Calade.
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Château de la Calade.
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Château de la Calade.
La chapelle.
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Musée du Calisson du Roy René.
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Musée du Calisson du Roy René.
Émondeuse à amandes. Début du XXe siècle. Les amandes préalablement libérées de leurs coques, étaient ébouillantées puis passées entre les rouleaux de l'émondeuse pour éliminer leur peau.
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Musée du Calisson du Roy René.
Broyeur à amandes. Début du XXe siècle. Le confiseur broie les amandes dans un broyeur équipé de rouleaux de granit et obtient de la pâte d’amande.
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Musée du Calisson du Roy René.
Machine à fabriquer les calissons à levier. Années 1900
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Musée du Calisson du Roy René.
Machine à façonner les calissons. Années 1920
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Musée du Calisson du Roy René.
Machine à fabriquer les calissons à manivelle. Années 1930.