Navarrenx
Tableau offert par l'empereur. Nativité de la Vierge : M. Charzy d'après une copie de Murillo. Ici, la tête auréolée, du nouveau-né fait penser à une des nombreuses nativités de Jésus mais; rien ne suggère l'ambiance de la crèche. II s'agit en effet de la nativité de Marie, sa mère, fille de Joachim et Anne que l'on voit alitée sous le baldaquin, son mari à son chevet. Un groupe de femmes contemple la grâce de Marie au milieu des anges signifiant la présence divine. Le vêtement blanc plié dans les bras de l'une inspire la prise d'habit des vierges consacrées à Dieu. Une lueur céleste illumine la scène, estompant la clarté de la fenêtre à gauche, la lumière du foyer à droite et laissant présager pour l'enfant un avenir plein de promesses. Les récits sur la naissance de la Vierge sont des textes apocryphes comme le Protévangile de Jacques sur la Nativité de Marie et l’Évangile du Pseudo-Matthieu (VIe siècle). Ils forcent le ton sur les miracles et sont à l'origine de plusieurs fêtes liturgiques : célébration d'Anne et Joachim, le 26 juillet ; nativité de Marie, le 8 septembre ; présentation de Marie au Temple, le 21 novembre. L'idée générale s’inscrit dans' la perspective de l’incarnation de Jésus qu'on ne peut envisager sans l'absolue pureté de Marie. Conçue par le baiser d'Anne à Joachim, Marie est maintenue dès sa conception et sa naissance dans une sorte d’état angélique.